Le Mur invisible de Marlen Haushofer


Le-Mur-invisible-le-filmPremières phrases :

Aujourd’hui cinq novembre je commence mon récit. Je noterai tout, aussi exactement que possible. Pourtant je ne sais même pas si aujourd’hui est bien le cinq novembre. Au cours de l’hiver dernier, quelques jours m’ont échappé. Je ne pourrais pas dire non plus quel jour de la semaine c’est. Mais je pense que cela n’a pas beaucoup d’importance.

Pourquoi ce livre :

Le sujet me tente beaucoup : une femme isolée dans un chalet de montagne qui vit seule avec ses animaux. Je m’y vois bien Ce livre est dans ma Pal depuis plus de cinq ans, il était vraiment temps que je le lise, puis j’ai vu qu’il existait un film tiré de ce roman alors si je voulais voir le film, il fallait d’abord que je lise le livre. C’est chose faite !

Mon avis sur Le Mur invisible:

La narratrice se retrouve coincée, un matin, dans une vallée forestière isolée, par un mur invisible. Au-delà de ce mur, plus rien ne vit.
Avec elle, un chien. D’autres animaux viendront plus tard compléter le tableau.

Ce qui m’a gênée au premier abord dans cette lecture, c’est que la narratrice ne se pose aucune question au sujet de ce mur, elle ne cherche pas à comprendre. Je comprendrai pourquoi par la suite, mais au début j’ai eu du mal avec la résignation de cette femme.

Le livre est le journal de bord de celle-ci. Elle note ce qui lui arrive sur des feuilles d’où la construction du livre sans aucun chapitre ! Cela aussi m’a gênée, car j’ai trouvé ma lecture extrêmement longue.
J’ai trouvé ma lecture longue, mais pas pour autant ennuyeuse, car j’ai vraiment apprécié de suivre cette femme dans son quotidien éreintant. En effet, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne chôme pas.
Le bois, le foin, la chasse, le jardin, la traite, il y a toujours à faire. La narratrice ne veut pas prendre le temps de se reposer, pour ne pas penser.
Dans ce récit, j’ai surtout apprécié la relation avec ses animaux. Avec Lynx, le chien et avec Tigre, le petit chat gris.

Une explication rationnelle tout de même m’a manqué pour apprécier pleinement ce récit. Malgré cela, j’ai quand même tenu à voir le film.

Le Mur invisible – de Marlen Haushofer – Actes Sud (24 avril 1992) – Collection : Babel – 352 pages – 8.70 – ⇛ Acheter Le Mur invisible

Le Mur Invisible (Die Wand) De Julian Roman Pölsler
Le-Mur-invisible-le-film

Aussitôt après avoir terminé ma lecture j’ai voulu voir le film. Peut-être aurais-je dû attendre un peu.

Dans le film, les paysages sont magnifiques et l’histoire est fidèle au livre.
Dans le livre de Marlen Hauschoffer l’accent est mis sur le labeur, sur l’attachement aux animaux alors que dans le film, j’ai ressenti de l’ennui dans son quotidien.
Le film est beaucoup plus lent, presque ennuyant, peut-être est-ce dû à la voix off complètement monocorde. La langue allemande y est sûrement aussi pour beaucoup – elle a des tonalités agressives à mon oreille – je regrette de ne pas l’avoir vu en version française.

Une petite chose qui m’avait interpellée dans le roman et m’a limite choquée dans le film :

Dans le récit, le mur coupe une petite rivière, la narratrice nous explique que l’eau a dû se forger un passage sous le mur. Pour un petit cours d’eau, c’est possible, mais dans le film, dans les premières minutes, on devine que le mur coupe carrément un fleuve !

Je crois que je suis trop terre à terre pour vouloir comprendre que ce mur n’en est en réalité pas un et je déteste quand les auteurs me laissent avec mes incompréhensions.

Pas d’explication et une fin ouverte, tout ce que je n’aime pas.

8 commentaires

  • keisha
    17 juin 2015 à 11 h 54 min -

    Ha la la, moi aussi j’aime bien les explications (et n’aime pas le fantastique en général) mais j’ai aimé ce livre et surtout les relations avec les animaux!

    • Chinouk
      19 juin 2015 à 9 h 58 min -

      La relation avec les animaux voila aussi ce que je retiens de ce récit ! quelle belle complicité avec le petit chat gris et lynx et quelle gentillesse elle à envers Bella, la vache et le taureau… C’est vraiment ce qui m’a manqué dans le film.

  • Electra
    18 juin 2015 à 10 h 38 min -

    Depuis le temps que j’en entends parler (cours d’allemand) mais j’hésite et l’absence d’explication.. j’ai l’esprit rationnel.

    Par contre je vais me contenter du livre vu ce que tu dis du film !

    • Chinouk
      19 juin 2015 à 9 h 55 min -

      Lis en premier le livre, mais si la sonorité de la langue allemande ne te gêne pas tente après le film, car les paysages sont tout de même sublimes.

  • Gabriel
    5 juillet 2015 à 17 h 06 min -

    Je découvre ton blog à partir de celui de Marie-Claude. Je vois plein de livres qui me tentent! Celui-là avait l’air intéressant mais je pense que je vais passer.Je ne suis pas sûr d’aimer…

    • Chinouk
      7 juillet 2015 à 8 h 39 min -

      bonjour Gabriel, bienvenu ici alors 🙂 J’ai lu ENORMEMENT de bon avis sur celui-ci, c’est peut-être moi qui suis passé à coté.

  • pod'fok
    22 janvier 2019 à 19 h 48 min -

    un jour en googolisant une personne, je suis arrivé sur un blog de lecture et je suis tombé sur ce livre. Mais la personne que je cherchais je ne l’ai point trouvé ! A part une photo d’enfant un peu ressemblante.
    L’intérêt pour ce qui se passe en montagne m’a alors amené à le lire. L’histoire de cette femme qui dans le seconde moitié du XX° siècle arrive à surmonter mille difficultés pour vivre, c’est à dire essentiellement se nourrir été comme hiver là où il est difficile de faire pousser quelque chose, m’a tenu en haleine.
    Ensuite cette histoire s’inscrit dans quelque chose de plus « science fiction », comme une fin du monde mais sans aucun truc glauque. Et c’est la fin du récit qui m’a longtemps laissé perplexe. Je ne comprenais pas qu’elle en vienne à … (j’en dit pas plus pour laisser le suspens au futur lecteur) , tout à coup au bout de 3 ou 4 ans.
    Après plusieurs années j’ai tout à coup l’impression d’avoir compris quelque chose. Voilà. L’humanité, en particulier à travers ses représentants masculins, est une espèce mauvaise qui ne répend sur terre que malheur, désolations, … Aussi, lorsqu’il y a, vers la fin du récit, une possibilité de faire survivre l’espèce humaine, la femme qui a pris conscience de tout cela, décide, ou agit instinctivement, pour que son espèce ne se perpétue plus. Elle sait alors que tout se terminera rapidement puisqu’elle restera seule, sans avoir la possibilité de bénéficier d’une de ses sources principales de nourriture (j’essaie de ne pas trop en dire pour les futurs lecteurs).
    Il me semble que comme ça, ce récit de science fiction prend un sens. Mais bon ce n’est qu’une explication parmi d’autres.

    • Chinouk
      7 février 2019 à 12 h 34 min -

      Merci pour ton explication.

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