Dis maman, c’est encore loin Compostelle ?


Dis maman c-est encore loin-Compostelle - Céline Anaya Gautie

Premières phrases

Enfin, nous y voilà !
Dimanche 22 juin 2014. Après 6 mois de préparation, le grand jour est arrivé.
A 30 km de l ‘aéroport, Santiago panique :
– Maman, mon bâton ! Je l’ai oublié ! Je ne peux pas marcher sans mon bâton, je ne serai pas un vrai pèlerin.
Je regarde l’heure, 9h33. Nous sommes près d’Évry et déjà en retard.

Pourquoi ce livre

Me voilà de nouveau de partie sur le chemin de Compostelle. Après l’avoir parcouru avec Antoine Bertrandy il y a quelques semaines, c’est avec Celine Anaya Gautier et Santiago, son petit garçon de 7 ans, que je vous invite à me suivre aujourd’hui.

Ce livre et moi, il était écrit que l’on devait se rencontrer. Le jour où il est arrivé chez moi, je suis allée le chercher dans ma boite aux lettres, puis je me suis installée avec devant mon pc, en attendant que mon logiciel de gestion de bibliothèque s’ouvre, je suis allée sur ma page Fb, et un MP arrive. Stupéfaction ! Celine Anaya Gautier, l’auteure donc, viens de m’envoyer un message me disant qu’elle serait vraiment ravie que je lise son livre et souhaite me l’envoyer ! Quelle probabilité pour que cela arrive  ? Surtout que ce jour a vraiment été très très spécial ( je suis sûre que mes planètes se sont entre – choquées ce jour la ) : je me rends compte que mon gel douche a tourné en prenant ma douche ( je ne savais même pas que cela pouvait arriver) ensuite je prépare des œufs au plat, je casse 3 œufs et me retrouve avec 6 jaunes dans la poêle : 3 jumeaux à suivre… Bref vraiment étrange cette journée.

Trêve de Blabla, je suis là pour parler de « dit maman c’est encore loin Compostelle » et non pour vous raconter ma vie trépidante !

Mon avis

Céline est Franco-Péruvienne, elle a du sang Quechua qui coule dans ses veines.
Elle décide que ses enfants devront, à l’image des jeunes guerriers des Andes, passer un rite initiatique qu’ils devront eux-mêmes choisir, à l’âge de 7 ans pour devenir des petits hommes.

Santiago 7 ans son plus grand garçon, décide que pour son rite de passage il marchera sur le chemin de St Jacques de Compostelle (Santiago de Compostela ) : son chemin !

Pendant 1200 km de Nogaro, dans le Gers, à St Jacques, Céline et Santiago vont vivre une aventure remplie de doute, de joie, de peine et de rencontre extraordinaire.

42 jours pendant lesquels Céline va découvrir que son fils grandit et pendant lesquels elle souffrira du manque de son bébé resté à Paris avec son compagnon. Mais Leandro (quel beau prénom) deviendra grand lui aussi et son tour viendra.

Je trouve cette « histoire »  de rite de passage magnifique, et cette expérience entre une mère et son fils, inoubliable et intense

l’écriture de l’auteure est pétillante, j’ai beaucoup souri pendant ma lecture, ne serait ce qu’à la lecture de la liste d’essentiels à emporter sur le chemin pour Santiago :

p 24 :

1 brosse à dent
1 dentifrice
1 savon
1 rubik’s cube
1 livre avec image ( parce qu’il est encore petit)
1 livre sans image ( parce qu’à la fin de son chemin, il sera un petit homme et n’aura plus besoin d’image)
2 pantalons
2 tee-shirts
1 couteau suisse
1 boussole
Crayon de couleurs
1 cahier pour écrire
18 paires de chaussettes !
18 slips !
1 paire de tong
Des chaussures de marche
1 serviette pour me sécher
1 maillot de bain
Des carambars avec des blagues
1 appareil photo comme maman
1 sac à dos

Céline, qui n’en est pas à son premier chemin (elle a parcouru plusieurs fois la partie espagnole pour son travail de photographe) prend conscience que ces 1200 km ne vont pas être facile du tout. Parce que marcher autant de kilomètres n’est déjà pas simple quand on est seul, mais les marcher avec un enfant – son enfant- et être 24h/24h ensemble sans échappatoire possible, c’est encore plus dur physiquement et mentalement.
Pourtant il faut quand même avouer que le petit – pas encore – homme a bien du mérite. Il veut se gérer seul, il marche 30 km sans rechigner, ce qui engendre de nombreuses réactions d’adultes d’incrédule qui peine a l’en croire possible.
Les enfants on vraiment des ressources infinies, car après un grande journée de marche, arrivé au gîte, il n’a qu’une idée : se ruer dans la piscine, ou aller courir avec les enfants de la maison.
Psychologiquement c’est très dur pour une maman, de subir la fatigue de la marche, les questions continuelles de son enfant – Santiago est curieux de tout – ses peurs, ses craintes, ses émotions… J’étais épuisée pour elle.

Heureusement, sur son chemin elle fait de très jolies et touchantes rencontres. Certaines lui ont permis de souffler un peu en prenant le relais auprès de Santi, histoire que mère et fils s’oxygènent l’un sans l’autre. Certaines de ces rencontres étaient empreintes de tristesse – comme souvent sur le chemin – et il n’est pas facile, dans ces cas-là, de faire comprendre que Santi n’est pas un pèlerin tout à fait comme les autres, il a très vite découvert qu’il y avait beaucoup de tristesse sur le chemin de Compostelle.
Mais ce petit homme s’est montré déterminé et courageux, car il a réussi à dépasser ses peurs, dont celle de la mort qui était très présente sur son chemin.
Ce livre m’a énormément touché, car je me suis sentie très proche émotionnellement de Céline – on est semblable sur plusieurs points – même si, par moment sur le papier, je l’ai trouvée assez dur avec Santiago, ce que je peux tout de même comprendre, j’aurai sûrement été pareille.

J’ai aussi fait une randonnée itinérante sur plusieurs jours sur le GR34 en Bretagne avec mon petit garçon qui venait de fêter ses cinq ans ( il est où le temps où il marchait avec moi ! Pourquoi les enfants deviennent-ils ado?) j’ai aussi connu les crises de fin de journée ou frais comme un gardon, il ne me laissait même pas poser mon sac dans notre hébergement qu’il voulait déjà aller voir la mer ! Alors que moi je mourais d’envie de balancer mes chaussures et de prendre une bonne douche.

C’est un livre drôle et émouvant que je viens de terminer, un livre qui forcement entre dans le top 3 de mes lectures sur Compostelle.
A l’heure où j’écris ces lignes, Céline Anaya Gautier met la touche finale au livre photo de ce récit qui devrait sortir bientôt.

Dis maman, c’est encore loin Compostelle ? Céline Anaya Gautier – Le Passeur éditeur (4 mai 2015) – 450 pages ⇛ Acheter le livre

7 commentaires

  • Severine Féecrochette
    23 septembre 2015 à 20 h 54 min -

    Je crois que j’ai besoin de le lire… Tu m’as donné envie en tout cas.

    • Chinouk
      23 septembre 2015 à 22 h 35 min -

      N »n’hésite pas, il te plaira forcement. J’ai trouvé cette histoire de rite de passage tellement belle, dommage que je ne l’ai pas connu avant, car je l’aurai instauré à la maison. Et puis tu es une maman donc ce livre te parlera obligatoirement. Bizh

  • keisha
    24 septembre 2015 à 8 h 58 min -

    Tu sais donner envie, dis donc! J’adore cette histoire!
    Tu sais, je viens d’emprunter le livre d’Alix Saint André, sur… devine quel sujet! ^_^

    • Chinouk
      24 septembre 2015 à 10 h 52 min -

      hummm voyons voir…. Compostelle ? 😉 je l’ai lu il y a pas mal de temps celui là, je ne m’en souvient plus très bien, hâte de lire ton avis pour me rafraîchir la mémoire. J’en ai encore deux en stock: un récit et un roman, a voir lequel sortira de ma pal en premier 🙂 Pour cela il faudrait que j’avance plus vire dans la montagne en sucre…

  • Noel Girard
    24 septembre 2015 à 9 h 51 min -

    Pour moi, ce livre est plutot number one, et je crois que j’en ai lu beaucoup !
    Belle critique en tout cas

    • Chinouk
      24 septembre 2015 à 10 h 50 min -

      Merci de ton passage ici Noel. Le livre de Céline est vraiment touchant, je suis incapable de départager celui de Antoine de Bertrandy ( l’as tu lu ? ) et celui là. Ils sont tellement different, mais tout les deux tellement vrai.

  • Hélène
    24 septembre 2015 à 10 h 57 min -

    Eh bien dis donc, sacrée expérience ! Je ne sais pas si j’aurais la patience ! seule pourquoi pas mais accompagnée des enfants …

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