Marche en plein ciel de Gwenaëlle Abolivier


Rédigé le 11 février 2022

Marche en plein ciel de Gwenaëlle AbolivierPremière phrase du livre
En ce début de printemps, la France est un pays aux regards vides et aux volets clos. Dans cette perte des repères, plus personne ne sait quelle heure et quel jour sont accrochés aux horloges de l ’existence. Seuls les bébés aux yeux ronds apportent la preuve que je suis bien vivante. Je suis montée dans le dernier train avant que la ville ne se renferme totalement sur elle-même. Direction Clermont-Ferrand. « Finis les temps modernes », cri un homme qui se trouve dans le même compartiment.  « Miser le tout pour le tout ! » lance-t-il à nouveau. Il porte des chaussures aux reflets de nuage et ne cesse de dire que «  le temps n’a plus la même valeur. Le monde s’est figé. L’heure est à la fugue. »

Pourquoi ce livre
J’ai découvert Gwenaëlle Abolivier avec son sublime ‘Tu m’avais dit Ouessant‘. Il était donc évident que je serais attentive à ses prochains écrits. Quand j’ai su que son prochain livre serait le récit de sa randonnée sur le chemin de Stevenson, j’ai été ravi, car j’ai déjà parcouru quelques brides de ce sentier de grande randonnée et je rêve de faire au complet. Je vais donc me plonger dans ce récit paru chez Le Mot et le Reste avec grand plaisir d’autant plus que j’ai lu le récit de Stevenson il n’y a pas très longtemps.

Résumé 

En arpentant le chemin emprunté par Robert Louis Stevenson, il y a plus d’un siècle, Gwenaëlle Abolivier harmonise deux passions : l’écriture et la marche.
À chaque pas qui l’éloigne de l’immobilité du quotidien, elle s’ouvre davantage à la littérature, tout en faisant corps avec le paysage cévenol et les multiples formes du vivant qui l’entourent. Sous le ballet aérien des milans royaux, elle partage l’errance du vieux Marvejols et de son ânesse Luce — incarnations innocentes, stevensoniennes, rencontrées au détour des sentiers — le temps d’une parenthèse toute en délicatesse.
Au fil de ce voyage où elle tutoie le ciel, la solitude lui offre l’espace nécessaire pour penser la course du monde et l’horizon incertain. La discipline et la force du mouvement régulier composent par le récit une ode à la liberté.

Mon avis

L’autrice avait besoin de faire une pose numérique, de se retrouver loin des réseaux sociaux alors elle décide de partir marcher dans les Cévennes, dans les pas de R.L. Stevenson. Ce livre n’est pas à proprement parlé un récit de randonnée comme on pourrait l’imaginer, ici pas de descriptifs d’étapes, pas de récit au jour le jour. Il ressemble plus à un d’un vagabondage poétique, une introspection. L’autrice nous partage ses réflexions, ses questionnements, ses rencontres ou plutôt sa rencontre avec Marvejols et son aînesse Luce. Un vieil homme qui, au soir de sa vie, a décidé de tout quitter pour aller marcher à travers la France avec son âne. Un âne qu’il a trouvé, soigné et adopté.

Tous les trois vont cheminer ensemble de près ou de loin. Tout au long de ce récit, j’ai eu l’impression de cheminer au côté de Stevenson plutôt que sur ses traces, car au fil des jours Gwenaëlle Abolivier raconte la vie de l’écrivain aventurier à Marvejols.

Pour mon plus grand plaisir on va retrouver aussi John Muir, dans ce livre, car Gwenaëlle va mètre en évidence les points communs des deux hommes.

J’ai beaucoup aimé la lecture de ce petit livre qui fut une vraie bouffée d’oxygène. Je pouvais presque entendre le vent dans les arbres, sentir leurs odeurs, et bien que ce soit un récit de marche, je l’ai trouvé très reposant, car l’écriture de Gwenaëlle Abolivier est très poétique. C’est beau, calme, apaisant, tout en retenue.

Ce récit m’a aussi permis de me réconcilier avec Stevenson, car de l’auteur je n’ai lu que le récit de son voyage dans les Cévennes, et j’avais trouvé l’homme tellement détestable avec la pauvre Modestine, et les gens qui croisèrent sa route que non seulement je n’ai pas apprécié son livre, mais je n’avais absolument pas envie de découvrir ses autres aventures. Gwenaëlle Abolivier a su me faire changer d’avis sur lui.

Alors si vous recherchez un petit livre tout doux pour vous évader quelques heures dans la nature, ce livre est fait pour vous. Dépaysement garanti sans ampoules au pied !

Marche en plein ciel de Gwenaëlle Abolivier

1
8

L'HISTOIRE

8.0/10

L'ÉCRITURE DE L'AUTEUR

8.0/10

Infomations

  • ‎ Le mot et le reste - 6 janvier 2022
  • 117 pages

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