La mort du petit coeur de Daniel Woodrell


Rédigé le 2 avril 2018

livre daniel woodrellPremières phrases du livre :
Red m’a fait descendre du camion dès qu’on a eu franchi la frontière de l’État et l’a repeint d’une autre couleur. Sa voix me faisait toujours l’effet d’être infestée de ces asticots qui te bectent quand t’es passé de l’autre côté. Elle semblait toujours pressée de me faire connaître ces asticots impatients. Red pouvait s’exprimer avec un nombre incalculable d’intonations horribles et me les balancer toutes, presque chaque jour, à la tête.
Pourquoi ce livre
Je ne connaissais pas Daniel Wooddrell et aux dires des copinautes c’était une lacune qu’il fallait que je comble. Mais c’est avant tout la couverture qui m’a fait craquer pour ce titre, puis le résumé. J’aime les romans américains ( le scoop : ) ) mais d’autant plus quand il est question d’adolescent paumé ou malmené par la vie. En plus, le roman se passe dans les monts Ozark et comme j’ai adoré la série éponyme de Netflix, j’avais hâte d’y retourner.

Mon avis sur La mort du petit coeur de Daniel Woodrell

Ici nous allons suivre Shug, un ado de 13 ans solitaire et obèse. Glenda, sa mère, l’appelle son « petit cœur », Red, son père le dénigre et le traite de « gros lard ». Celui-ci le force à voler des médicaments chez des personnes malades pour les revendre où se droguer avec. C’est un gars paumé, violent et alcoolique, toujours à l’affût de la moindre combine douteuse dans laquelle il n’hésite pas à embarquer son fils. La mère de Shug est une femme qui attire l’œil des hommes, et involontairement de sa part (ou pas) elle provoque constamment le jeune ado. Shuggie subit tant bien que mal sa vie jusqu’à ce qu’arrive en ville un gars qui s’intéresse d’un peu trop près à son goût à sa mère.

Je voulais lire un roman noir américain, avec « La mort du petit cœur » j’ai été servie !
Tout le livre est enrubanné par une atmosphère malsaine voir oppressante, l’on sent que tout peut arriver, ça flotte dans l’air. Drogue, alcool, violence conjugale voilà ce qu’est le quotidien des protagonistes de ce roman. Glenda et son fils essaient tant bien que mal de se protéger l’un l’autre en se créant un cocon d’amour/.
Le personnage de Shuggie m’a énormément touchée, le pauvre gamin tente de s’en sortir, mais son père fait tout pour le tirer vers le bas. Il fait comme il peut pour aider sa mère qu’il aime profondément. Et étrangement, je n’ai pas bien compris pourquoi il a vu d’un mauvais œil l’arrivée du nouveau copain de sa mère alors que sa vie aurait pu être meilleure avec lui.

L’écriture de Daniel Woodrell est brute de décoffrage. J’ai adoré l’ambiance et dévoré les 200 pages sans m’en rendre compte. L’auteur a su me surprendre avec une fin que je n’attendais pas.

Je vais volontiers poursuivre ma découverte de l’auteur, j’ai d’ailleurs repéré « un hiver de glace« qui me tente grandement.

« La mort du petit cœur » est un livre que je conseille aux amateurs d’Amérique profonde.

La mort du petit coeur de Daniel Woodrell

7

L'ECRITURE DE L'AUTEUR

7.0/10

L'HISTOIRE

7.0/10

Infomations

  • Rivages (14 février 2018)
  • 208 pages

5 commentaires

  • Marie-Claude
    3 avril 2018 à 3 h 26 min -

    Je l’ai noté, tu t’en doutes bien! Il est tout à fait pour moi!

  • Kateginger63
    5 avril 2018 à 10 h 14 min -

    Encore un que je lirais tres prochainement.

  • Chinouk
    19 avril 2018 à 9 h 32 min -

    @marie-claude : Je suis sûre que tu devrais l’apprécier
    @kateginger83 : bonne découverte alors

  • Wivine Mathys
    7 juillet 2019 à 4 h 36 min -

    J’adore Daniel Woodrell, Ron Rash, David Vann et bien entendu Cormac McCarthy que tu dois aimer aussi ! J’ai beaucoup aimé ce livre mais pour faire connaissance avec cet auteur, je te conseille vivement de lire « Winter’s bone », « Hiver de glace » en français si mes souvenirs sont bons ! L’interprétation cinématographique est très réussie aussi ! Dans le roman noir américain, je suis tombée amoureuse de l’écriture du regretté William Gay, qui se distinguait des autres par son style très poétique et un peu fantastique, dans « La mort au crépuscule », on est dans Le roman noir de l’Amérique profonde avec un petit quelque chose de l’univers de Grim !

  • Chinouk
    8 juillet 2019 à 11 h 46 min -

    Figure-toi que je n’ai encore jamais lu de Cormac McCarthy !! Même si j’en ai dans ma pal !!! Il faut que j’y remédie cet été . Je note William Gay, je ne connais pas, mais ce que tu en dis me plais énormément . Merci pour ce conseil !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.