La montagne en sucre de Wallace Stegner


la-montagne en sucre Wallace Stegner

Premières phrases:

Le convoi brimbalait en rase campagne lorsqu’enfin Elsa parvint à chasser la tristesse du départ pour ne plus songer qu’à sa délivrance. Elle rangea son mouchoir, s’accota à la vitre crasseuse et se prit à regarder les fils du télégraphe s’incurver de poteau en poteau, à contempler les arbres, les fermes éparses qui glissaient sans heurt vers l’arrière en une interminable déclinaison de maisonnettes blanches, de granges rouges et de champs de blé. Chaque mille parcouru était un pas de plus vers la libération.

Pourquoi ce livre:

Je voulais découvrir, depuis quelque temps déjà, la plume de Wallace Stegner. J’ai trouvé ce gros pavé dans une petite librairie que j’aime beaucoup: L’Odyssée à Saint-Malo. Elle possède beaucoup d’ouvrages sur le thème du voyage et a un très joli rayon de littérature américaine. Quand je vais à St Malo, je m’y rends toujours avec plaisir et j’y fais souvent de belles découvertes.

Mon avis sur La montagne en sucre de Wallace Stegner

Dans ce beau pavé de 985 pages, on suit l’histoire de Bo, Elsa et leurs deux fils : Chester et Bruce. Pendant une trentaine d’années, dans une Amérique du début du 20e siècle, on vit au rythme de cette famille, trimbalée de droite à gauche par les désirs de réussite (pas toujours glorieuse) de Bo Mason, le père. Un gars qui veut toujours plus, mais qui finalement n’arrive jamais à rien. Trafic d’alcool, jeux clandestins, mine d’or… tout est bon pour faire de l’argent rapide.

Je vous avoue qu’il m’a fallu du temps pour me décider à me lancer dans cette lecture, sa taille me faisait tellement peur ! Mais une fois la première page tournée, je n’ai plus eu aucun doute: ce livre allait être une belle découverte. J’ai de suite accroché à l’écriture de l’auteur.

J’ai vraiment tout aimé dans cet ouvrage: les personnages sont très bien travaillés. Tous plus attachant les uns que les autres avec chacun un caractère bien dessiné. Une mention spéciale à Elsa qui a supporté un mari éternellement insatisfait, qui l’a fait déménager une dizaine de fois dans tous les états de l’Ouest américain, et le Canada.

J’ai beaucoup aimé aussi la construction du livre: découpé en 10 parties, qui sont à chaque fois l’occasion d’un nouveau départ, chaque partie relance l’histoire ce qui fait qu’à aucun moment, on ne s’ennuie. Et les 985 pages filent très vite.

En général, quand j’entame un gros pavé, j’aime faire une pause au milieu du récit, hé bien là, je n’en ai pas eu envie du tout. Pourtant j’ai commencé «La montagne en sucre» à une période où j’avais très peu de temps pour lire, donc ma lecture m’a duré très, très longtemps (un mois et demi!), mais à aucun moment je n’ai eu envie de quitter Bo, Elsa, Chester et Bruce. Le fait de tourner la dernière page a même été un déchirement pour moi. Je ne voulais pas laisser à jamais les Mason.
Ma découverte de Wallace Stegner fut une belle surprise. Je vais prochainement lire « Lettres pour le monde sauvage » qui, si j’en crois certains commentaires , va un peu me replonger dans « la montagne en sucre » (chouette) et je poursuivrai avec « vue cavalière » qui est déjà dans ma Pal. Ses autres ouvrages suivront plus tard, cela ne fait aucun doute !
À tous ceux à qui « la montagne en sucre » fait envie, mais qui ont peur de se lancer, je ne dirai qu’une chose : allez-y les yeux fermés, je vous promets que vous ne le regretterez pas !

La montagne en sucre – Wallace Stegner – Points (15 octobre 2009) – 985 pages + d’info ici

13 commentaires

  • keisha
    14 novembre 2015 à 13 h 23 min -

    veinarde, il te reste tous les autres romans à découvrir!!! Moi, il ne m’en reste qu’un, et je ne l’entame pas encore…

    • Chinouk
      19 novembre 2015 à 17 h 35 min -

      il te reste lequel ? je vais surement enchaîner avec celui de chez Gallmeister 🙂

      • keisha
        20 novembre 2015 à 9 h 37 min -

        Crossing to safety. ben oui, on le trouve très difficilement en français, alors je l’ai acheté en VO!

        • Chinouk
          22 novembre 2015 à 12 h 36 min -

          pas pour moi alors 🙁 je rêve de pouvoir lire l’anglais sans pb…

  • Electra
    14 novembre 2015 à 13 h 38 min -

    J’en ai un dans ma Pàl – j’ai du retard sur vous mais je compte me rattraper et tu me donnes envie de commencer avec celui-ci ! J’adore les gros pavés quand ils sont bons. Je viens de dévorer un livre.

    • Chinouk
      19 novembre 2015 à 17 h 34 min -

      tu as lequel ? moi aussi j’aime les pavés mais en vacances plutôt…

  • Marie-Claude
    14 novembre 2015 à 17 h 18 min -

    Je l’attendais, ce billet! 985 pages… Je souhaite vraiment le lire, mais ça devra attendre pendant une période de vacances!

    • Chinouk
      19 novembre 2015 à 17 h 33 min -

      Oui c’est l’idéal les vacances. Quoique moi j’ai tardé à le lire et du coup j’ai encore plus apprécier de vivre avec les personnages, sans me lasser le moins du monde.

  • Hélène
    16 novembre 2015 à 9 h 01 min -

    J’aime beaucoup cet auteur, et sur les conseils de Keisha, je l’ai commandé et je t’avoue avoir été surprise par sa grosseur à sa réception… Ce que tu en dis me rassure…

    • Chinouk
      19 novembre 2015 à 17 h 32 min -

      Aucun soucie à te faire ! C’est une petite pépite !

  • le Bison
    19 novembre 2015 à 22 h 28 min -

    Tu me donnes envie de sortir au plus tôt Wallace de ma pal. Et découvrir sa nature – mais en moins de 985 pages ! 😉

    • Chinouk
      22 novembre 2015 à 12 h 38 min -

      il faut lire celui là aussi !! le pauvre il est pénalisé à cause de son nombres de pages … alors que franchment elles se tournent toutes seules

  • Léa Touch Book
    2 janvier 2016 à 14 h 09 min -

    Je ne l’ai pas lu mais il me tente énormément !! 😀
    Belle année 🙂

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