
Premières phrases du livre :
Avant que je sache ce que j’étais, je vivais avec mes frères dans une vieille bâtisse imposante au cœur de la New Forest. Elle avait des rideaux de velours bleu chargés de poussière, un manteau de cheminée peint de façon à imiter le marbre pour tromper l’œil, et un hall d’entrée lambrisé recouvert d’antiques miroirs sombres. Il y avait aussi un griffon en chêne sculpté sur le pommeau de la rampe d’un escalier qui grinçait ; en passant, nous touchions ses ailes satinées pour nous porter chance tout en murmurant la devise gravée sur le parchemin qui s’étalait sur la poitrine : Vérité Sans Peur.
Pourquoi ce titre :
Second livre à lire pour le challenge Gallmeister. Ici, nous sommes dans un mélange de dystopie et d’uchronie. L’histoire suit trois frères triplés, élevés en isolement dans un foyer, qui sont en réalité les cobayes d’un programme expérimental gouvernemental glaçant, développé par un ancien médecin nazi. Je ne peux qu’être pressé de découvrir cette histoire.
Résumé :
En 1979, dans un monde où personne n’a gagné la Seconde Guerre mondiale, l’Angleterre est dirigée par un gouvernement qui repose sur des alliances inquiétantes. Des triplés de treize ans – Vincent, Lawrence et William – sont les derniers résidents d’un foyer pour garçons. Chaque jour, ils prennent leurs médicaments et étudient sous l’œil vigilant de trois mères : Mère du Matin, Mère de l’Après-midi et Mère de la Nuit. Ils ne désirent qu’une chose : rejoindre les orphelins chanceux qu’on envoie dans une station balnéaire mythique. Non loin de là, Nancy, treize ans également, mène une vie recluse avec ses parents qui l’adorent mais ne la laissent jamais sortir. Lorsque la route des triplés croise celle de Nancy, les enfants découvrent la terrible vérité sur leurs origines et devront s’unir pour survivre.
Mon avis
L’histoire du Livre de la culpabilité de Catherine Chidgey nous plonge en 1979, aux côtés de Vincent, Lawrence et William, des triplés élevés dans un foyer « Captain Scott » coupé du monde extérieur. Ils sont élevés par trois mères : Mère du matin, Mère de l’après-midi et Mère de la nuit. Ces trois mères sont chargées de noter méticuleusement tous les faits et gestes des garçons, ainsi que leurs rêves, dans des carnets dont le fameux « Livre de la culpabilité ». Un jour, pour sociabiliser les garçons, l’État organise une rencontre avec trois jeunes filles de leur âge venant d’un autre foyer, ce qui va ébranler les convictions des triplés. En parallèle, la jeune Nancy vit, elle aussi, recluse mais chez ses parents.
Le Livre de la culpabilité est un roman complètement addictif. J’ai adoré faire la connaissance de Vincent, Lawrence et William, et découvrir en même temps qu’eux ce qu’ils étaient vraiment, l’autrice nous laissant par-ci par-là de petits indices sur leur condition. L’écriture de Catherine Chidgey est très fluide et agréable. Les chapitres alternent entre les points de vue de Vincent, Nancy et de la ministre de la Solitude. C’est un vrai page-turner, car on ne sait pas qui est réellement Vincent (et du coup ses frères), mais surtout ce qu’ils vont devenir.
J’ai d’ailleurs énormément aimé le personnage de Vincent, j’ai eu beaucoup d’empathie pour lui. Mère de la nuit m’a aussi beaucoup touchée car c’est la seule qui se préoccupe vraiment des garçons.
À la lecture du résumé, le thème de la Seconde Guerre mondiale m’a un peu fait peur, mais finalement, il est presque anecdotique et ne sert qu’à poser les bases. Donc, si vous êtes comme moi : foncez !
Ce livre est un gros coup de cœur pour moi, alors si vous aimez les dystopies/uchronies, n’hésitez pas à vous jeter sur Le Livre de la culpabilité : c’est un beau pavé qui se lit tout seul !
