Comme un seul homme de Daniel Magariel


Premières phrases
Mon père faisait des embardées pour éviter les voitures, il conduisait trop vite, klaxonnait. J’ai posé la tête sur la sangle de la ceinture de sécurité, m’efforçant d’ignorer la vitesse à laquelle il roulait, sans savoir s’il essayait d’éviter la tempête ou s’il était juste en colère contre moi. Ma mère et moi, on s’était disputés. Elle avait appelé pour qu’il vienne me chercher.

Pourquoi ce livre
Comme un seul homme de Daniel Magariel est le premier livre de la rentrée littéraire 2018 qui m’a attiré. Vous le savez à présent, dès qu’il est question d’ado « en difficulté » dans un roman américain, celui-ci m’attire. Comme un seul homme est aussi un premier roman et j’aime de plus en plus découvrir les premiers romans.

Mon avis sur Comme un seul homme de Daniel Magariel

Le combat fut âpre. Mais ensemble, le narrateur, un garçon de douze ans, son frère aîné et leur père ont gagné la guerre – c’est ainsi que le père désigne la procédure de divorce et la lutte féroce pour la garde de ses fils. Ensemble, ils prennent la route, quittant le Kansas pour Albuquerque, et un nouveau départ. Unis, libres, conquérants, filant vers le Nouveau-Mexique, terre promise, ils dessinent les contours de leur vie à trois. Mais au fil des jours, le comportement du père va totalement changer jusqu’à devenir très violent et dangereux. Les deux frères vont devoir se débrouiller seuls pour tenter de survivre.

Comme un seul homme de Daniel Magariel est un petit livre très percutant et bouleversant !
On va assister, sans rien pouvoir y faire, à la descente en enfer de deux frères et de leur père. Un papa qu’ils adulaient, mais qui finalement se trouve ne pas être celui qu’ils croyaient. Ils vont se retrouver complètement sous son emprise.

Ces deux frères sont extrêmement touchants, car ils vouent une confiance sans faille à leur père. Leur naïveté, dues à la confiance aveugle qu’ils ont envers celui-ci, les empêchant de comprendre qu’il les manipule sans vergogne.

Le narrateur m’a spécialement touchée, car du haut de ces douze ans, il ne peut (veut) pas croire que son père a un mauvais fond, pendant très longtemps il essaie de se persuader que celui-ci va changer, jusqu’au moment où le point de non-retour est atteint.

Le jeune garçon a fait tellement de choses pour son père, pour pouvoir vivre avec lui comme celui-ci le voulait.

La relation qu’entretiennent les deux frères est extrêmement touchante : toujours là l’un pour l’autre, jamais l’un sans l’autre, jusqu’au bout…

L’écriture de Daniel Magariel arrive à allier dureté des propos et délicatesse des mots. Il ressort de ce livre à la fois de la tendresse, dans la relation presque fusionnelle des deux frères, mais aussi de la rudesse voir de l’horreur dans les faits et gestes du père des enfants.

« Comme un seul homme » est un livre magnifique sur les liens fraternels, un tout petit livre et un premier roman que je vous recommande fortement. Une très belle découverte de cette rentrée littéraire 2018 et un auteur à suivre.

Comme un seul homme de Daniel Magariel

8.5

L'ECRITURE DE L'AUTEUR

8.5/10

L'HISTOIRE

8.5/10

En résumé

  • Traduit par Nicolas Richard
  • Titre V.O. : One of the boys

Infomations

  • Fayard (22 août 2018)
  • 192 pages
  • 19 €

4 commentaires

  • Electra
    28 août 2018 à 19 h 54 min -

    Je l’ai vu sur la toile américaine mais j’ignorais qu’il avait été traduit. Il devrait plaire à Marie-Claude (deux gamins) !

    • Chinouk
      3 septembre 2018 à 10 h 26 min -

      Une très bonne lecture, j’allais dire belle, mais vu le sujet ce n’est pas approprié ! C’est étrange qu’on ne le voie pas plus sur les réseaux , c’est un très bon bouquin pourtant.

  • Jeneen
    7 septembre 2018 à 16 h 19 min -

    Belle critique. Pour un livre en effet très touchant. J aime bien le lapsus de la fin de votre billet, « comme un seul HOME »…ça colle aussi tres bien à l’histoire

    • Chinouk
      8 septembre 2018 à 10 h 43 min -

      Oups pour le lapsus 🙂 pas fait express mais du coup j’hésite à le corriger car comme tu le dis : ça colle parfaitement à l’histoire.

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