Vie et mort d’une mite de Rowe Irvin | Paulsen

Vie et  mort d’une mite de Rowe Irvin

Premières phrases du livre :

Alléchée par l’odeur d’une plaie, l’ombre brun-rouge bondit, le ventre lesté par le poids du petit frémissant, les mamelles déjà douloureusement gonflées. Tapie derrière les arbres, une patte en suspens perlée de rosée, la renarde pointa son museau vers ce qui gisait là.
Le corps se détachait du sol comme une pierre. Il gisait dans ses propres souillures et coulures, aussi mou que le lièvre dont le renard brise les soubresauts d’un coup de croc.

Pourquoi ce titre :

Beaucoup de choses m’ont attirée dans ce livre : son titre qui est intrigant, sa couverture qui est magnifique, le fait qu’il soit publié dans la jolie collection « La Grande Ourse » de Paulsen, que j’adore, et pour finir la première phrase de la quatrième de couverture : « Elles vivent dans une cabane isolée, au cœur de la forêt, là où rien ne peut les atteindre… »

Résumé : 

Un huis clos vertigineux au cœur de la forêt.
Elles vivent dans une cabane isolée, au cœur de la forêt, là où rien ne peut les atteindre. À seize ans, l’adolescente ne connaît pas d’autre visage que celui de sa mère. Son monde se résume à quelques arpents de terre, ses jours sont rythmés par le passage des saisons et les rituels que Maya lui impose pour la protéger de la corruption qui guette de l’autre côté de la barrière.
Leur fragile équilibre est bouleversé par l’arrivée d’un jeune homme venu du monde hostile dont Maya veut préserver sa fille. En détruisant le cocon qu’elle a patiemment tissé, cet étranger ne risque-t-il pas de provoquer l’effondrement de leur microcosme ? Servi par une écriture sensorielle, ce roman invite à une troublante exploration de l’amour maternel.

Mon avis :

« Elles vivent dans une cabane isolée, au cœur de la forêt, là où rien ne peut les atteindre… » Cette phrase de la quatrième de couverture a suffi pour me dire qu’il fallait absolument que je lise ce livre !!!
Dans Vie et mort d’une mite, nous faisons la connaissance de Maya et de sa fille de 16 ans. Elles vivent toutes les deux isolées, au milieu de la forêt, entourées d’une barrière pour que la pourriture ne vienne pas. La jeune fille, sans nom fixe mais aux multiples prénoms, n’a connu que ce bout de clairière. Elles vivent ici, en autarcie, au gré des saisons, entre récolte du jardin et piégeage. Maya est prête à tout pour protéger sa fille du monde extérieur ; elle n’a d’ailleurs jamais vu d’autre humain que sa mère.
Mais l’équilibre fragile de ce duo est bouleversé par l’irruption de Wyn, un jeune homme roux venu du monde des Pourris.
Rowe Irvin, pour son premier roman, nous propose un magistral huis clos forestier ! Vous avez aimé Le Temps d’après de Jean England ? Vous allez adorer Vie et mort d’une mite !
« L’écriture de l’autrice est brute comme la terre de cette forêt : elle colle à la peau, elle salit, elle ne laisse pas indemne. » Vie et mort d’une mite est une histoire rude, sombre qu’il est difficile de lâcher.
L’amour maternel, ici, est poussé jusqu’à son paroxysme : Maya élève sa fille dans un isolement total. Elle lui invente une langue, un territoire, des rituels… pour la protéger de ses propres peurs.
Rowe Irvin nous propose de suivre l’histoire de Maya et de sa fille sur deux temporalités : le présent, dans la clairière, et le passé de Maya, qui petit à petit nous éclaire sur le pourquoi de cet isolement.
Vie et mort d’une mite est l’histoire d’une femme brisée et d’une relation mère-fille où l’amour et la peur ne font qu’un. C’est un livre coup de cœur que je ne peux que vous recommander.

Vie et mort d’une mite de Rowe Irvin | Paulsen

8.6

L'histoire

8.5/10

L'écriture

8.6/10

En résumé

  • Traduit par Odile Carton
  • Titre VO : Life Cycle of a Moth

Infomations

  • Paulsen : 20 août 2026
  • 384 pages

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