Un court instant de grâce de André Bucher


livre un court instant de grace Le Mot et le restePremières phrases
La dénomination de cette montagne était sujette à bien des interprétations.
L’on dénommait ainsi le site et suivant que l’on écrivait Pâle avec un accent circonflexe ou Palle en doublant la consonne, la montagne en question changeait de tonalité, elle variait dans sa signification.
On s’en remettait alors à la couleur, son teint hâve, sa lumière un rien souffreteuse.
Le mot « palle » évoquait à l’origine un linge tendu sur un vase sacré. Une sorte de calice, détenu dans ses plis secrets et ensuite dressé en son sommet sur un autel, que venaient bénir les prêtres suivis de lent cortège des habitants de la vallée.

Pourquoi ce livre ?
Je suis tombée amoureuse de l’écriture et du style d’André Bucher avec son sublimissime titre « Déneiger le ciel ». Comme je souhaite lire tous les livres de l’auteur, il était évident que je me jetterais sur son dernier roman « Un court instant de grâce » sorti pour la rentée littéraire 2018. Vous noterez qu’André nous offre toujours des titres magnifiques.

Livre un court instant de grace Le mot et le reste

Mon avis sur Un court instant de grâce de André Bucher

Dans « Un court instant de grâce », nous allons faire la connaissance d’Émilie, qui vit dans sa ferme familiale sur la montagne de Palle. Émilie a 60 ans et elle habite ici depuis toujours. Depuis 3 ans, suite à un grave accident qui a coûté la vie à son mari, elle est seule au milieu de la forêt. Son fils est parti dans le Nord pour exercer son métier de garagiste. Cherchant un peu à développer son activité, elle va devoir faire appel à une aide extérieure pour labourer et moissonner ses récoltes . C’est à Victor, son amour d’enfance, qu’elle va demander de l’aide.
Pendant ce temps, non loin de là une ancienne centrale à charbon va être reconvertie en centrale à biomasse. Une centrale biomasse produit de l’électricité grâce à la vapeur d’eau dégagée par la combustion de matières végétales ou animales. Ici, c’est le bois qui va en grande partie servir de combustible. Les élus locaux et certains propriétaires terriens veulent couper la forêt. Émilie refuse et va se battre pour tenter de faire avorter ce projet catastrophique pour l’environnement et sauvegarder sa montagne.

J’ai commencé la lecture cet été, mais je l’ai vite mise en pause, car avec les grandes chaleurs, je n’arrivais pas à m’imprégner de l’histoire. Pour moi, un livre d’André Bucher se déguste en mode cocooning : ambiance cosy, chocolat chaud et plaid obligatoire. Il faut dire que les saisons et spécialement l’hiver sont assez présentes dans les histoires de l’auteur et moi, je suis dans l’impossibilité d’apprécier une lecture qui se déroule en hiver en pleine chaleur. J’aime être en accord saisonnal avec mes lectures, sinon je ne me projette pas.
Je l’ai donc ressortie cette semaine, et quel bonheur de me plonger dans ce récit. D’autant plus qu’il traite d’un sujet qui parle particulièrement à l’amoureuse des forêts que je suis.

Le livre commence avec un magnifique premier chapitre où André nous présente la montagne de Palle, où se déroule l’histoire. Avec des mots magnifiques et un style poétique, André Bucher pose le décor.
L’auteur précise que la montagne du livre est fictive même si près de chez lui, dans la vallée du Jabron, une montagne de Palle existe vraiment.

Puis André nous présente Émilie, la protagoniste féminine. Un sacré bout de femme, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds sans pour autant être « rustre ».
Un personnage qui m’a beaucoup parlé, pour ses idées écologiques, mais aussi pour son caractère. Elle se débrouille seule et se bat pour ses idées.

Ce livre parle d’un sujet d’actualité (la déforestation et les centrales biomasse), et j’ai trouvé que l’auteur avait traité le sujet d’une manière très intelligente. Avec seulement 200 pages, l’auteur a réussi à bien ficeler son histoire.

J’ai retrouvé dans ce livre la beauté et la délicatesse des mots que j’aime tant chez l’auteur. André parle des sentiments humains et de la nature comme personne.
La relation entre Victor et Émilie est décrite tout en délicatesse. Cela fait du bien de lire de telles histoires d’amour. Les descriptions de la forêt et de la montagne sont juste sublimes.

J’ai passé une magnifique après-midi en compagnie d’« Un court instant de grâce » . Un roman (et un auteur) que je vous conseille très fortement. Un livre qui parlera à tous les amoureux de la nature.

André Bucher | Un court instant de grâce

9.5

L'ECRITURE DE L'AUTEUR

10.0/10

L'HISTOIRE

9.0/10

Infomations

  • Le mot et le reste (6 septembre 2018)
  • 199 pages
  • 19 €00

3 commentaires

  • Hélène
    17 octobre 2018 à 13 h 37 min -

    Je ne parviens pas non plus à m’imprégner de l’histoire, je l’ai survolé sans réussir à rentrer dedans

    • Chinouk
      20 octobre 2018 à 12 h 51 min -

      Quand l’as-tu lu ? Il faut vraiment être « pausé » pour s’imprégner pleinement de la sublime écriture de l’auteur.

  • Violette
    21 octobre 2018 à 19 h 25 min -

    c’est bien d’avoir su arrêter ta lecture la 1ère fois. Je ne connais pas l’auteur mais ce livre plaît assez sur la blogosphère, j’ai l’impression!

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