L’heure de plomb de Bruce Holbert


l' heure de plomb de Bruce HolbertPremières lignes :
Linda Jefferson était un cliché vivant et elle le savait. Âgée de vingt-quatre ans, maîtresse d’école et veuve, elle enfila un pull-over sur son corsage, puis la veste de cavalier doublée en peau de mouton qui avait appartenu à son mari. Il était mort l’année précédente, et sa disparition avait marqué pour elle le début d’une saison triste et inexorable.
Pourquoi ce livre:
Classé dans la collection Nature Writing de la maison d’édition Gallmeister, une histoire qui se déroule non loin des montages de l’état de Washington ne peut que très rarement me résister. Je ne connaissais pas l’écriture de Bruce Holbert, alors quand Léa Touch Book et Gallmeister – dans le cadre du challenge des 10 ans de la maison d’édition — m’ont proposé de lire « l’heure de plomb » je ne pouvais qu’accepter, et je les remercie pour cette découverte.

 

Mon avis sur L’heure de plomb de Bruce Holbert

Matt et Luke, deux frères jumeaux de 14 ans, rentrent de l’école alors que sévit dehors la pire tempête qu’ait connue la région lors de l’hiver 1918. En quelques minutes, la température chute de 20 °C et un blizzard terrible balaye tout sur son passage. Les deux garçons sont pris dans la tempête, leur père ne les voyant pas revenir part à leur rencontre. Il y laissera la vie, ainsi que Luke, car bien que secourus par l’institutrice du village, un seul des deux jumeaux survivra à cet enfer.

Suite à cette tragédie, Matt doit subvenir aux besoins de sa mère, qui ne s’est jamais remise de ce drame, c’est lui seul qui gère la ferme familiale et le moment venu qui enterrera son frère et son père. On le suivra tout au long de sa vie.

Il se dégage de ce récit une atmosphère glaciale, de par la météo, mais aussi de par les personnages. Hiver, colère, désespoir, solitude, voilà les quatre mots que j’utiliserais pour résumer ce livre.

J’ai ressenti une très forte impression de solitude dans ce roman. De solitude et surtout de froid. Parce que oui pour y faire froid, il y fait froid. D’ailleurs à chaque fois que l’auteur décrit le climat ou nous propulse quelques années en avant, on arrive en hiver.

P20 :

« dans ce pays, les hivers rendaient les après-midi aussi brefs qu’un battement de cœur et la nuit débordait sur le matin si dense que les hommes endormis rêvaient qu’ils nageaient dans cette obscurité pour remonter respirer à la surface »

P66 :

« Dans le lointain, les Okanogan, débarrassées de leur neige, se dressaient comme une barrière dans l’attente d’une couche de peinture »

Le livre est découpé en trois parties. La première, celle qui décrit la catastrophe et les jeunes années de Matt, m’a captivée, j’ai lu cette période d’une traite. Lors de la seconde partie, on retrouve le personnage principal quelques années plus tard. Au début de celle-ci, j’ai trouvé que l’histoire s’essoufflait un tant soit peu. Mais passé la moitié de cette seconde partie, l’auteur est arrivé à me captiver de nouveau !
Je ne vais pas vous parler des quelques pages qui clôturent cette période, mais Wow ! Les dernières lignes sont terrifiantes.

C’est là que l’on prend conscience du désespoir de certains personnages et de toute la rudesse de l’époque.

Lors de la troisième partie, on retrouve Matt avec une petite fille, Angel. La relation qu’il a avec cette enfant m’a particulièrement touchée.
Matt est un gars travailleur, loyal qui en aura bavé toute sa vie. Un personnage qui m’a émue.

J’ai toutefois une sacrée interrogation sur les dernières lignes de l’épilogue : on retrouve un homme en pleurs à un enterrement. Si vous avez lu le livre (Sic), pourriez-vous me dire de qui il s’agit et surtout pourquoi ?

Avec l’heure de plomb, je découvre l’écriture dense et efficace de Bruce Holbert, celle-ci m’a énormément plus. Je suis plus réservée concernant l’histoire, mais je pense que je vais bientôt me procurer son premier roman » animaux solitaires ».

Défit 50 romans-50 états : Washington

L'heure de plomb

7.1

L'ECRITURE DE L'AUTEUR

7.6/10

L'HISTOIRE

6.5/10

En résumé

  • Un roman glaciale !

Infomations

  • 376 page
  • Nature Writing
  • Editions Gallmeister (1 septembre 2016)

4 commentaires

  • Léa Touch Book
    3 octobre 2016 à 11 h 24 min -

    J’ai eu le coup de coeur 😉
    N’hésite pas à partager ta chronique sur le groupe pour que je la comptabilise 🙂

    • Chinouk
      21 octobre 2016 à 12 h 47 min -

      Nombreuses personnes ont eu un coup de coeur, moi je suis passé un peu à coté.

  • Marie-Claude
    3 octobre 2016 à 14 h 44 min -

    «Hiver, colère, désespoir, solitude», tout pour me plaire! J’attends avec impatience qu’il arrive au Québec, soit fin octobre. Ce fichu décalage m’agace de plus en plus!

    • Chinouk
      21 octobre 2016 à 12 h 47 min -

      il devrait te plaire alors ! Pas drôle ce décalage 🙁 mais le principal c’est qu’il arrive quand même 🙂

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