Le Vieux Saltimbanque de Jim Harrison


dernier livre de jim harrisonPremières phrases :
Il y a quelques années, alors qu’à près de soixante ans je ressentais de manière poignante la menace de la mort, je me suis dit : « Le moment est venu d’écrire mes mémoires. » Ce que j’ai fait. Mais la vie en a décidé autrement et, plus de quinze ans après, je ne suis toujours pas mort, une agréable surprise pour un poète qui était persuadé de mourir jeune, écroulé sur le plancher de sa maison, ou près d’une des innombrables fontaines de Rome, ou encore affamé dans une chambre de bonne parisienne perversement située au-dessus d’un bistro, comme pour lui faire humer les odeurs délicieuses de plats qu’il ne pouvait s’offrir.

Pourquoi ce livre :
J’ai une affection profonde pour Jim Harrison qui a eu la très fâcheuse idée de nous quitter en mars 2016. Parti retrouver sa femme et ses potes pour faire des parties de pêche célestes, il nous laisse avec « Le Vieux Saltimbanque » publié aux US quelques semaines avant de tirer sa révérence. Ce récit est une sorte de ‘suite’ autobiographique au magnifique ‘En marge’. C’est pour cela que j’ai eu envie de le lire dès sa sortie, je ne souhaitais pas attendre pour découvrir ses derniers mots. Heureusement, il me reste quelques-uns de ses romans à découvrir ainsi que de très nombreux poèmes, mais il va falloir les faire durer.

Mon avis sur le Le Vieux Saltimbanque

Quand Jim a écrit ‘En marge’, sa très belle autobiographie, il pensait qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre. 15 ans plus tard, étonné d’être toujours là, il s’est dit qu’il était temps, du coup, d’en écrire la suite.
Histoire d’être un peu plus détaché du récit et sur la demande expresse de sa femme et de ses filles, il écrit ce récit à la troisième personne.
Le Vieux Saltimbanque n’est pas tout à fait une suite, on retrouve bien Jim Harrison dans ses années d’écrivain, poète et scénariste mais il y a aussi de nombreux flashs-black et quelques événements que l’on retrouve dans ‘En marge’.
Ce fut un immense plaisir de retrouver Big Jim dans ce tout (trop) petit livre. Toujours fidèle à lui même, à ce qu’on connaît de l’homme qu’il était, bon vivant, aimant les femmes et la bonne bouffe. Il nous fait part de ses problèmes d’alcool qui ont gravement mis en péril son couple. De son amour pour les animaux, pour la France et son vin.

Il nous parle de ses années fastes où il écrivait de nombreux scénarios pour Hollywood et où l’argent coulait à flots. Argent qu’il prêtait sans compter à ses amis qui toujours oubliaient de lui rendre – à même époque, il galérait pour écrire ses romans. Ces mêmes romans qu’il avait du mal à vendre dans son pays alors qu’ ici en France, ils partaient comme des petits pains.

Le fait que le livre soit écrit à la troisième personne m’a quelques fois dérangée, je n’aime pas cette forme narrative de manière générale. J’ai dû parfois resituer le personnage (mais ceci est un problème purement personnel).
Alors pas de grande révélation dans ce livre, rien que l’on ne sache déjà sur le personnage, mais quel plaisir de retrouver Jim Harisson dans le texte. Les pages ont filé à une vitesse folle !
Un petit livre que j’aurais forcément voulu plus long. J’ai eu un sacré pincement au cœur en tournant les dernières pages, les toutes dernières pages écrites par Big Jim.

Le Vieux Saltimbanque

Le Vieux Saltimbanque
90

L'ECRITURE DE L'AUTEUR

9/10

    L'HISTOIRE

    9/10

      En résumé

      • Le dernier livre d'une légende.

      Infomations

      • Flammarion (7 septembre 2016)
      • 144 pages
      • 15 € / 11.99 € Ebook

      5 commentaires

      • Marie-Claude
        22 novembre 2016 à 3 h 59 min -

        Je ne doute pas du petit pincement au coeur en tournant la dernière page… J’ai lu « En marge » il y a un sacré bout de temps. Et « Le vieux saltimbanque », je me le réserve pour plus tard, une fois que j’aurai lu plusieurs de ses romans que je conserve précieusement dans ma pal, dont « Dalva », enfin!
        Je déguste à petites bouchées le merveilleux livre de Jean-Luc Bertini et Alexandre Thiltges, « Des écrivains en liberté », dans lequel les deux chapitres sur Harrison m’ont fortement émue. Quel grand homme…

        • Chinouk
          25 novembre 2016 à 19 h 22 min -

          j’ai aussi « les écrivains en liberté » j’ose même pas le commencer 🙁 Dalva *soupir * quelle chance tu as de ne pas l’avoir encore lu… as tu la magnifique version avec le dreamcatcher ?

          • Marie-Claude
            28 novembre 2016 à 22 h 49 min -

            Tu seras ravie par « Les écrivains en liberté ». Il est sublime et passionnant, dans le texte que les photos. J’en suis à la moitié. Certains auteurs m’ont étonnée (agréablement ou non) et je suis tombée en amour avec d’autres!
            Je n’ai pas l’édition de « Dalva » avec le capteur de rêves, mais l’édition précédente me plaît bien. Je vais m’en contenter! La pression est forte pour que je l’aime!

      • Kathel
        22 novembre 2016 à 9 h 46 min -

        J’adore les premières phrases ! Près d’une fontaine de Rome, qui n’aurait pas « plaisir » à imaginer sa mort ainsi… Je pense qu’il vaut lire « En marge » d’abord ?

        • Chinouk
          25 novembre 2016 à 19 h 20 min -

          Ben c’est pas obligatoire mais oui c ‘est tout de même mieux de commencer par En Marge effectivement 🙂

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