Le silence de Belle-Ile de Laurence Bertels


Premier paragraphe :

Là, sur la grève, entre chien et loup, à l’aube de l’hiver. C’est là qu’il aimait se promener, s’arrêter, frissonner, repartir ensuite. Fouler ce chemin qui n’en était plus un, heurter un caillou, respirer l’air sapide, errer au gré du vent vivifiant de la côte Sauvage. Puis, regarder la mer se fracasser sur les rochers, se retirer pour mieux revenir dominer cette lande de terre échancrée qui s’offrait à ses assauts.

Pourquoi ce livre :
j’ai découvert ce livre grâce à la masse critique de Babelio. Il m’a de suite sauté aux yeux grâce à son titre  » Le silence de Belle-île« . Je ne résiste jamais longtemps aux histoires qui se déroulent dans les îles bretonnes et encore moins quand celle-ci se passe à Belle-île-en mer. Je remercie donc grandement Babelio et les éditions Luce Wilquin  pour cette découverte.
Mon avis :
Quiberon, Belle-île, la mer omniprésente.
Naufrage d’un bateau, naufrage d’une vie.
Un huis-clos énigmatique qui laisse au lecteur sa part d’imaginaire.

Cédric rend visite à son grand-père, sur la presqu’île de Quiberon. Mais celui-ci décède soudainement à son arrivée. Cédric avait une profonde affection pour cet homme, qui était le seul de sa famille à vraiment l’aimer. Il décide de rester dans la maison du vieil homme avec Clarisse, la dame de compagnie, jusqu’à l’enterrement de celui-ci.
Lors de la lecture du testament, il va découvrir que Jacques, son grand-père, a confié au notaire une enveloppe contenant le journal intime de sa grand-mère.
Les sept jours qui suivent vont profondément bouleverser la vie de Cédric.

Ce roman m’a procuré une sensation particulière : un mélange de tendresse et de mélancolie.

Le silence de Belle-île est un roman hypnotique, on se laisse porter par les flots. Entre les passages du journal intime de la grand-mère devenu muette soudainement, les recherches de Cédric pour tenter de comprendre les parties obscures de la vie de son grand-père, ancien notaire. La cohabitation difficile avec Clarisse, les pages se tournent et l’on a envie de savoir. Même si je me suis doutée du dénouement assez tôt. Les passages du journal intime de la grand-mère étaient passionnants, j’en aurais voulu encore et encore. J’ai été transportée hors du temps à Saint-Pierre puis à Belle-île.

La seule chose qui m’a « agacée » dans ce livre, c’est qu’à chaque fois qu’était mentionné le grand-père, il était écrit : Jacques Le Garrec ( Nom + prénom), de temps en temps OK, mais à chaque fois cela m’a paru peu naturel…
Moi, quand je parle de mon grand-père avec quelqu’un qui le connait, je ne stipule pas son nom de famille après son prénom.

Un truc que je remarque souvent dans les romans se passant en Bretagne, c’est que les personnages ont tout le temps un nom de famille et de surcroît breton (c’est marrant car quand je lis d’autres romans, je n’ai pas l’impression que les personnages ont des noms de famille, si ? ( dites-moi, si c’est moi qui me fais une fixette dessus)

Ce roman était à la base une nouvelle que l’autrice avait écrite lors d’un atelier d’écriture. Grâce à une pluvieuse journée de novembre, et à un séjour sur Belle-île-en-mer, la petite nouvelle est devenue roman.

Le silence de Belle-île de Laurence Bertel est une histoire tout en retenue, sacrément efficace.

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