Siberia de Philippe Sauve


Siberia transboréalPremières phrases:
À dix jours du départ, je ne parlerai pas des pièges du fleuve en perpétuelle mutation, de la menace des marais inondables, du déchaînement des cieux tourmentés, de caprices du vent tourbillonnant des tempêtes, du froid des nuits d’insomnie, du déluge des orages d’été. Ces obstacles naturels qui jalonneront mon chemin réveilleront mon corps au combat, et c’est pour cela que je pars.

Pourquoi ce livre :
J’ai découvert Philippe Sauve il y a quelques années avec son magnifique « Errance amérindienne » chez Transboréal. A la fin de cette lecture, je me suis précipitée sur le site de l’auteur pour voir ses autres ouvrages et c’est à ce moment-là que j’ai découvert « Siberia« . Oui mais voilà, ce récit n’était plus édité. J’ai contacté l’auteur, car je souhaite absolument lire ce récit de voyage, c’est là qu’il m’a appris que le livre allait être bientôt réédité aux éditions Transboréal ! Quelle ne fut pas ma joie ! J’allais pouvoir découvrir son aventure en Sibérie dans ma maison d’édition chouchou ! Ne me restait plus qu’à être patiente !
À peine sorti, je me suis procuré le livre, il m’a juste fallu attendre plusieurs mois pour le sortir de ma Pal, mais ça c’est une autre histoire…

Mon avis sur Siberia

Dans ce récit de voyage, Philippe Sauve entreprend de descendre en canoë la Lena – deuxième plus grand fleuve du monde – de (presque) sa source à l’Océan Arctique. Durant 5 mois, il a pagayé sur 3800 km dans un canoë en toile.

C’est avec ce livre que j’ai décidé de changer d’année. Etant complètement malade pour le passage en 2017, je me suis posée sous un plaid et suis partie en Sibérie, et je dois vous dire que je ne regrette pas mon choix ! Cette lecture a été une très belle (re)découverte de l’auteur.

Sur un ton vrai, franc et sans chichis, Philippe Sauve nous livre ses doutes, ses angoisses et surtout ses peurs. Peur des éléments qui ne l’épargnent pas, des animaux ( nous avons la même phobie des tiques) mais aussi – et surtout – des gens !
Il se prive volontairement de faire des rencontres et fuit au possible les villes et villages, car on l’a prévenu : les Russes sont très dangereux et très alcoolisés. Même les Russes lui disent qu’il faut se méfier des Russes !

Il fait de très mauvaises rencontres, mais de très bonnes aussi. La météo est rude, il pleut encore et encore. La Lena n’est pas un long fleuve tranquille : de gros bateaux manquent de le faire chavirer et il doit toujours faire attention, quand vient le soir, à bien se cacher pour monter son camp, pour ne pas provoquer de mauvaise rencontre.

Pourtant, malgré toutes ces précautions, parfois il baisse sa garde et c’est là que la mauvaise rencontre arrive :

P175 :
« ceux que j’appréhendais de rencontrer la nuit dans mon camp ne sont pas venus à moi : c’est moi qui me livre à eux »

Petit à petit, il apprivoise le climat et apprend à lire le temps qu’il va faire.

C’est un récit de voyage qui se dévore ! J’ai beaucoup aimé – mais ça je le savais déjà – l’écriture de l’auteur qui est aussi fluide que le fleuve sur lequel il voyage.
Les chapitres sont courts, ce qui donne un bon dynamisme à l’histoire, on ne s’ennuie pas une minute avec cette lecture.
Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est que l’auteur n’hésite pas à exprimer ses peurs. Voici quelques lignes de la préface, écrite par Sylvain Tesson, qui résument très bien mon ressenti.

« Je crois n’avoir pas lu depuis longtemps un récit de voyage aussi vrai, aussi dénué de fanfaronnerie. […] cette descente de la Lena c’est 3800 km de franchise absolue ».

Ce livre est tellement « vrai » que l’on se projette facilement à la place de l’auteur. Je vous garantis que moi aussi j’ai parcouru ces 3800 km la peur au ventre.

Pendant une grande partie de ma lecture, je me suis demandée ce qui pouvait bien le pousser à un tel défi.
Philippe y répond avec ces lignes :

P191 :
« Si je n’ avais pas cette soif d’aventure, je ne pourrais pas aller au-delà de ma peur. Cette soif est un moteur qui m’entraîne vers des événements que, par avance, je sais riches en émotions, qui flirtent souvent avec la peine, car l’engagement dans la nature sauvage, la solitude et la confrontation avec les mœurs de populations inconnues ne sont pas des actes habituels. L’homme ordinaire que je suis, poussé malgré lui au conformisme, doit se faire violence pour relever ces défis. »

J’ai aimé aussi le côté gentiment mystique de l’aventure.

P309 :
« tout au long du voyage, je n’ai pas été menacé par l’ours, mais par l’esprit de l’ours… »

Encore une fois, je termine un livre de Philippe Sauve avec l’immense envie d’en découvrir un autre.
Il me reste, sur mes étagères, « Horizon Dakota » qui devrait me passionner aussi.

Avant, j’ai prévu de repartir en canoë, mais dans le Grand Nord canadien cette fois-ci.
Vous l’aurez compris, si vous ne connaissez pas l’auteur, ne tardez surtout pas à le découvrir.

Un film a été fait de cette aventure, vous pouvez voir des extraits sur la chaîne YouTube de l’auteur.

Siberia

Siberia
87.5

L'ECRITURE DE L'AUTEUR

9/10

    L'HISTOIRE

    9/10

      En résumé

      • En canoë du lac Baïkal à l'océan glacial arctique

      Infomations

      • Editions Transboréal (20 novembre 2014)
      • 330 pages
      • 20.90€

      6 commentaires

      • keisha
        19 janvier 2017 à 17 h 53 min -

        Encore une belle tentation

        • Chinouk
          19 janvier 2017 à 19 h 10 min -

          Laisse toi tenter 😉

      • le Bison
        26 janvier 2017 à 9 h 49 min -

        Un jour, faudra que je découvre transboréal !

        • Chinouk
          31 janvier 2017 à 18 h 22 min -

          Oui ! Oui ! Oui ! Oui ! Oui ! Qu’attends tu ?

      • Electra
        27 janvier 2017 à 16 h 41 min -

        Un jour je vais aussi me lancer et découvrir cette maison d’édition 😉 ton billet est super

        • Chinouk
          31 janvier 2017 à 18 h 21 min -

          Va y n’ai pas peur, ça fait pas mal 😉 que du bien 🙂

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