J’ai été djihadiste en Syrie


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tandis qu’une guerre féroce fait rage en Syrie et en Irak depuis des années déjà, des événements tragiques ont démontré que ce conflit se joue aussi chez nous. Nous avons beau nous dire que Daesh est une organisation lointaine, les attentats de Paris et Bruxelles nous ont prouvé le contraire : les terroristes sont des jeunes « biens de chez nous »

Pourquoi ce livre

Lorsque les éditions « la boîte à pandore » m’ont proposé la lecture de cet ouvrage, je n’ai pas hésité une seconde. Bien qu’avec ce livre je sois à mille lieues de ma zone de confort de lecture. Mais le sujet m’intéresse grandement et encore plus depuis les attentats de novembre dernier, car je me demande sans cesse comment et surtout pourquoi des jeunes gens peuvent en arriver là. Cela dépasse complètement mon entendement.

Mon avis

Cela ne va pas être facile de parler de ce livre, je n’ai pas lu ce livre pour juger, mais pour comprendre donc je ne porterai aucun jugement sur les faits. Je n’en parlerai même pas.

D’ailleurs, la note de l’éditeur en avant-propos résume bien mon opinion : « Publier ( lire pour moi) et comprendre un témoignage ne signifie en aucun cas le justifier ».

Voilà longtemps que le journaliste Bruno Struys cherchait à rencontrer des jeunes djihadistes européens, car le fait que la France et la Belgique possèdent le plus grand nombre de jeunes qui partent se battre en Syrie l’interpellait fortement. Et pour le coup, il n’est pas le seul.

Ce témoignage est celui de Michael Delefortrie, un jeune Belge qui, suite à divers problèmes familiaux, va trouver l’écoute dont il a besoin dans l’Islam. Par la suite, il va changer de prénom et devenir Younnes, se radicaliser, et partir en Syrie combattre au sein de l’EI.

J’ai apprécié la lecture de ce témoignage qui est bien écrit et vraiment intéressant. Michael dès son adolescence passe de foyer en foyer et, au fil de ses rencontres, découvre une religion qui a l’air de lui correspondre mieux que sa religion de naissance.
Puis toujours de rencontre en rencontre, de contrôle de police en contrôle de police (on est plus facilement contrôlé quand on n’est pas dans la « normale » ) il fait d’autres rencontres qui vont l’amener à partir en Syrie. Son but n’étant pas d’aller se battre, mais d’aider la population sur place. Il nous livre aussi la dureté de son retour en Belgique. Il en bave, fait de la prison (parce qu’il revient de Syrie), mais il finit par se stabiliser et monter sa boulangerie dans laquelle il s’épanouit.

En voyant ce livre, je me suis demandé pourquoi ce jeune avait accepté de témoigner, après ma lecture je le sais, car finalement Younnes est un gars bien, ce n’est pas un kamikaze, c’est juste un jeune qui souhaitait faire partager sa religion et qui en a été empêché.

C’est étrange à dire, mais j’ai presque pu comprendre comment il en était arrivé à être aussi radicalisé. Lui a eu la chance d’avoir la tête bien sur les épaules, d’avoir une famille et un métier auquel se raccrocher, mais qu’en est il de tous ses jeunes plus faibles, moins (ou mal) entourés qui n’ont pas sa force ?

Un témoignage à lire pour tenter de comprendre.

Les bénéfices de cet ouvrage seront reversés à une association caritative qui agit dans toutes les zones de conflits mondiaux.

J'ai été djihadiste en Syrie

J'ai été djihadiste en Syrie
80

L'ECRITURE DE L'AUTEUR

8/10

    Le temoignage

    8/10

      En résumé

      • Un témoignage à lire pour tenter de comprendre

      Infomations

      • La boite à pandore (28 janvier 2016)
      • 208 pages
      • 17.90 €

      4 commentaires

      • Electra
        18 février 2016 à 9 h 32 min -

        je suis contente pour lui et qu’il soit revenu vivant, car beaucoup meurent là-bas et laissent leur famille dans le désarroi total. Ce qui m’étonne de leur part, c’est la différence entre les images et les reportages (sérieux comme envoyé spécial sur la guerre) et leur idée qu’ils vont « aller aider », « faire de l’humanitaire’ alors que tous les témoignages de ceux qui sont revenus sont à l’opposé : les hommes sont tout de suite envoyés sur le terrain pour se battre et les jeunes filles sont enfermées et mariées de force.. Le fait qu’aujourd’hui en 2016, les jeunes n’aient pas encore le réflexe d’aller voir d’autres sources que ceux qui les contactent pour s’engager m’étonnent encore…

        • Chinouk
          18 février 2016 à 18 h 57 min -

          Il a effectivement eu beaucoup de chance de pouvoir revenir. Le hasard a voulu que cela soit la personne qui l’a « poussé » à partir qui lui permet de revenir. Je crois qu’ils n’ont pas l’idée, ou tout simplement pas envie, d’aller voir ce que les médias disent, car pour eux les médias sont contre eux. Certains y vont clairement pour se battre, lui était conscient de cela.
          De l’extérieur tout cela parait aberrant, mais les personnes qui recrute sont très fortes pour embrigader.

      • nansou
        18 février 2016 à 18 h 08 min -

        Je pense que c’est important de tenter de comprendre cet engrenage qui paraît si aberrant de l’extérieur !

        • Chinouk
          18 février 2016 à 19 h 03 min -

          Exactement ! Le témoignage de Younnes m’a ouvert les yeux sur de nombreuses choses, ne serait-ce qu’au niveau de la religion. Si tu es musulman pour certaines personnes, tu es le mal, donc des jeunes mal dans leurs peaux, qui se font sans arrêt arrêter juste parce qu’ils sont typés au bout d’un moment, on peut comprendre qu’il se révolte et chacun le fait avec les moyens qu’il possède, et s’il croise le chemin de « mauvaises » personnes…

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