Goat Mountain de David Vann


Goat Mountain de David Vann Premières phrases:
La poussière comme une poudre recouvrant l’air, faisant du jour une apparition rougeâtre. L’odeur de cette poussière et l’odeur de pin, l’odeur du sumac vénéneux. Le pick-up, une créature segmentée, sa tête tournant à l’opposé de son corps. Un virage serré et je faillis dégringoler par-dessus bord.

Pourquoi Goat Mountain

Deuxième livre de David Vann que je lis en l’espace d’un mois. En général, je n’enchaîne jamais plusieurs lectures du même auteur, car j’aime faire durer le plaisir et découvrir les œuvres de celui-ci dans le temps, petit à petit.

Si j’ai lu « Goat mountain » peu après « Dernier jour sur Terre », c’est parce que ces deux lectures sont liées. Le premier est un roman sur la chasse et les armes à feu utilisées par les enfants, le second est une enquête qu’a menée David Vann sur un jeune tueur de masses. Les deux étant aussi liés à la jeunesse, très tourmentée par les armes, de l’auteur.

Mon avis sur Goat Mountain de David Vann

« Goat mountain » nous parle une sortie de chasse sur quelques jours dans un domaine familial qui tourne très vite au drame quand le père donne un fusil à son fils de onze ans pour qu’il puisse regarder un braconnier qui n’a rien à faire sur leurs terres. Onze ans dans cette famille, c’est l’âge pour venir à la chasse et tuer son premier cerf !

Le récit est un huis clos entre les 4 personnes présentes lors du drame : le grand-père, le père, le garçon de onze ans (qui est le narrateur à l’âge adulte – du moins c’est ce que j’en ai déduit) et Tom, un ami de la famille.

L’histoire est terrifiante, un enfant qui tue un homme de sang-froid, cela fait froid dans le dos, mais c’est plus la réaction des trois adultes de cette histoire qui m’a terrifiée, de la folie pure.

L’écriture est fidèle à David Vann : étouffante, oppressante avec des phrases ultra-courtes. Ce que j’aime habituellement chez l’auteur.

Si j’aime, en général, l’écriture de Davis Vann, avec « Goat mountain », je n’ai pas adhéré, j’ai trouvé le style trop haché et du coup, je n’arrivais pas à rester dans l’action. J’étais emportée par la terreur et deux lignes au-dessous, plouf : transportée ailleurs dans des descriptions de forêt, de nature très bien écrites, mais pas placées au bon endroit (ceci n’est que mon ressenti).

Et je le regrette vraiment, car ce livre aurait pu être pour moi à la hauteur du terrifiant « Sukkwan Island» s’il avait été écrit autrement. Il me reste encore « Impur » du même auteur à lire, mais cette fois-ci, je vais laisser passer quelques mois.

J’ai lu ce livre dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de PriceMinister que je remercie beaucoup pour cet envoi.

Je vous recommande ce livre si vous connaissez (et aimez) déjà David Vann. Si vous voulez découvrir cet auteur, dirigez-vous plutôt vers « Sukkwan Island».

Goat Mountain de David Vann – GALLMEISTER (4 septembre 2014) – collection Nature Writirng – 256 pages – 23 € / 8.40 €

Je le veux !

6 commentaires

  • keisha
    4 décembre 2014 à 10 h 18 min -

    Cette histoire de garde chasse lui est réellement arrivée, moins le tir bien sûr (raconté au festival America)

    • Chinouk
      7 décembre 2014 à 11 h 52 min -

      Oui, je l’ai entendu dans un ITW. Pas étonnant qu’il nous sorte des livres torturés avec tout ce qu’il a vécu enfant ! Je ne sais pas si tu as lu « Dernier jour sur terre », mais je te le conseil fortement. Il ce livre pas mal de dedans.

  • Léa Touch Book
    6 décembre 2014 à 17 h 40 min -

    Une maison et un auteur que j’adore 🙂 Une très belle chronique !

    • Chinouk
      7 décembre 2014 à 11 h 53 min -

      Merci une de mes deux Maisons d’édition Chouchou ! La première étant Transboreal qui publie exactement ce que j’aime lire. Bizh

  • le livre-vie
    15 février 2015 à 9 h 21 min -

    J’aime beaucoup cet auteur, j’adore cette maison d’édition. Je pense que je le lirai pour me faire ma propre idée.

    • Chinouk
      22 février 2015 à 11 h 06 min -

      Si tu aimes David Vann, il te faut le lire, même si comme je le dis c est loin d’être son meilleur ouvrage.

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